Dans la plupart des entreprises, on fait tout pour éviter le conflit. Souvent, on le fait par habitude, par paresse, par peur des conséquences ou plus simplement parce qu'on exagère l'impact d'une bonne discussion. Le problème, c'est que dans ces cas là, les désaccords et les non dits finissent par introduire une complexité inutile dans les relations humaines et par créer une tension larvée dévastatrice à la fois sur le moral des uns et des autres mais aussi sur la productivité de l'équipe et/ou de l'entreprise toute entière...
Voici 3 règles à suivre pour devenir meilleur(e) en résolution de conflits :
#1 - Commencez par faire le point
Vous arrive-t-il souvent d'éviter le conflit ? Avez-vous pour habitude de la fermer et de ravaler votre rancoeur plutôt que de poser les problèmes et d'exprimer explicitement votre désaccord ? Quelle a été la conséquence de cette façon de faire sur l'avancée de votre job ? Auriez-vous pu éviter certaines déconvenues si vous aviez su (ou osé) exprimer clairement vos positions ? Quelles justifications avez-vous collé à cette absence de courage de votre part ? Vous êtes vous convaincu(e) que les autres allaient mal réagir ? Qu'ils n'auraient pas la capacité à vous comprendre ? Avez-vous réussi à vous persuader que celles et ceux qui vous entourent étaient incapables de changements ?
#2 - Demandez du feedback
Demandez à des collègues en qui vous avez vraiment confiance de vous faire un retour sur votre capacité à gérer le conflit. Vous perçoivent-ils comme "fuyant le conflit" ou au contraire comme "trop virulant" ? Gardez en tête que "ruer dans les brancards" revient à peu près au même qu'occulter complètement les points de désaccords... Le message que vous faites passer aux autres dans ce cas là, c'est tout simplement que discuter avec vous n'est pas envisageable, que cela débouche systématiquement sur une guerre nucléaire. Il n'y a pas mieux pour décourager les autres d'entamer le dialogue avec vous ! La "sur-réaction" n'est qu'une forme de "non réaction" exprimée en négatif.
#3 - Créez vous des opportunités de progresser !
Pour faire évoluer votre comportement, vous n'avez pas d'autre choix que de "tenter le coup". Choisissez un point qui vous pose problème depuis des mois et des mois, une situation avec laquelle vous avez appris à vivre pour ne pas vous bousculer et pour préserver le statu quo... mais dont vous n'avez de cesse de vous plaindre que ce soit à vos collègues ou à vos amis. Identifiez les personnes avec lesquelles une bonne discussion s'impose... et passez à l'action ! N'hésitez pas à leur faire part de votre intention de devenir meilleure en "gestion des désaccords", votre démarche apparaîtra d'autant plus authentique. Important : Ne vous figurez pas que "parce que vous avez déjà tenté le coup 10 fois de façon maladroite" vous avez déjà "tout essayé". Avoir "essayé de la mauvaise manière" ne compte pas. C'est un peu comme s'étonner de se retourner en voiture à chaque fois alors que vous avez à chaque fois tenté de passer le virage à 140 sur une route verglacée...
La solution alternative...
Si vous souhaitez continuer à vous murer dans le silence, soyez prêt(e) à en payer les conséquences (pour vous, les autres, pour l'avancement des projets qui vous tiennent à coeur...). Bien évidemment, vous pouvez toujours vous dire que les autres sont des incapables, que le problème vient d'eux et que cela se passera mieux ailleurs. Oui, bien sûr vous pouvez. C'est même sans aucun doute ce qu'il y a de plus économique pour ne pas bousculer votre psychisme. On appelle ça la statut quo émotionnel : vous bâtissez un système explicatif clos dans lequel aucune issue n'est possible, cela vous conforte dans votre immobilité... et rien ne change en effet. Dans ce cas, ne vous étonnez pas de revivre les mêmes problèmes avec de nouvelles personnes, dans de nouveaux lieux, à de nouveaux moments... Les désaccords et les différences (de vue, de mode de fonctionnement, de valeurs...) étant une constituante essentielles des rapports humains, vous ne vivrez jamais que la demi mesure des relations et de cette extraordinaire productivité auxquels vous seriez en mesure de prétendre.
A vous de choisir !





Être trop gentil n'est pas forcément ce qui rapporte le plus, au contraire les gens moins gentils et plus spontanés sont ceux qui "cassent la baraque" selon l'article de Régis Debray dans le Monde Diplo. A mon avis, l'éducation post-68 est à remettre en cause : elle ne fonctionne pas !
Rédigé par : Grégory | vendredi 12 avr 2013 à 02:38