Nous ne sommes pas tous égaux devant le contrôle de soi. Devons-nous nous résigner pour autant? Cet article explore 3 notions qui influencent le contrôle de soi pour mieux le comprendre et le développer.
Le contrôle de soi est perçu comme une des compétences les plus importantes en société, car il s’agit de peser ses choix et ses réactions pour ne pas céder aux tentations primaires telles que l’agressivité ou les décisions impulsives.
Le contrôle de soi est avant tout issu de notre personnalité. Et comme tout aspect de notre personnalité, nous pouvons le développer, ou mettre en place des stratégies pour l’améliorer. Soyons pour autant réaliste, si vous avez l’habitude de céder aux tentations parce que “vous le méritez”, que vous ne supportez pas d’attendre, ou que vous avez tendance à réagir au quart de tour, vous ne deviendrez pas ataraxique suite aux explications à venir. Si vous voulez développer votre self-control, il préférable d’être conscient d’où vous partez pour avoir des attentes réalistes.
1 – La pensée abstraite
Il est toujours aussi surprenant de constater à quel point deux personnes peuvent réagir différemment à un même évènement. Annoncer un changement d’organisation du travail : certains y verront une opportunité là où d’autres le vivront comme une menace. Certes l’optimisme et les valeurs personnelles comptent dans la façon dont nous analysons une situation, mais pas que… Dr Fujita et ses collègues de l’université de l’Ohio ont montré que la maitrise de soi est influencée par la façon dont nous expliquons les choses. Il apparait en effet que le raisonnement abstrait améliore la maitrise de soi.
Une de leur expérience :
Etape 1 : ils ont opéré un test de résistance à la frustration auprès d’étudiants.
Etape 2 : ils les ont séparés en deux groupes. L’un devait réfléchir sur le sujet “pourquoi se tenir en bonne santé?” et l’autre sur “comment se tenir en bonne santé?”.
Etape 3 : ils ont refait passer un test de résistance à la frustration aux étudiants.
Résultats : Les étudiants du groupe “pourquoi” ont mieux résisté à la deuxième passation du test que ceux du groupe “comment”.
Leur explication : le “pourquoi” implique un raisonnement à un niveau abstrait et les implique à penser à la finalité d’une action. Le “comment” implique un raisonnement à un niveau pragmatique, à la façon de dérouler une action et non ses conséquences.
Ce qu’ils ont montré, c’est que les personnes qui ont tendance à raisonner à un niveau abstrait anticipent d’avantage les conséquences de leurs actes et par conséquent ont une meilleure maitrise d’eux-mêmes : pourquoi s’énerver en faisant la queue dans une file de supermarché ou au cinéma?
Si l’on pense la finalité de ce comportement, on comprend que cela ne sert à rien et l’on ne dépense pas son énergie inutilement.
Lorsque l’on pense la finalité d’une action, il est plus facile d’éviter la tentation du moment, plus facile de juger la situation avec recul et objectivité. Donc la prochaine fois que vous vous emportez, demandez-vous pourquoi…
2- Les anticipations
Mais il serait trop facile de se dire que le contrôle de soi dépend de notre capacité à réfléchir aux finalités. De manière générale, pour tout le monde, il est plus facile d’avoir une meilleure maitrise de soi pour des situations éloignées dans le temps (Fujita, 2008). Par exemple, nous possédons une meilleure maitrise de nous lorsqu’il s’agit de décider combien de cigarettes nous fumerons demain que de réfléchir au nombre de la journée présente (cet exemple fonctionne aussi avec les carreaux de chocolat).
Nous avons donc le pouvoir de maitriser certains de nos comportements en les anticipant. Alors prenez des engagements…
3- La vision globale
Enfin, le contrôle de soi peut être amélioré par une vision globale. La prise de recul est nécessaire pour peser ses comportements. Pour qu’un projet à long terme voit le jour, il est précédé d’un ensemble d’actions quotidiennes cumulées dans le temps. Si nous nous concentrons sur des cas particuliers, nous passons à côté de l’essentiel. Ainsi, on peut être tenté de se permettre des retards “à titre exceptionnel”, parce que ça arrive à tout le monde. Seulement, se permettre CE retard c’est accepter l’idée qu’il pourra y en avoir d’autres et que vous pouvez vous permettre de le refaire. Penser global, c’est penser en terme de principes, et cela évite de céder à un comportement par facilité.
On a souvent tendance à penser simplement qu’une personne est plus ou moins contrôlée, naturellement. Pourtant, si pour certains cette compétence est une particule directe de leur personnalité, d’autres, par leur raisonnement abstrait, leur capacité à anticiper et leur pensée globale peuvent compenser leur impulsivité naturelle.
Simon Baron
R & D manager
sbaron@assessfirst.com






Très bien vu...
Cette étude confirme ce qui s'enseigne à l'Institut de Neurocognitivisme (fondateur : Jacques Fradin), où l'on confirme biologiquement, si j'ose dire, les comportements des pauvres mammifères que nous sommes... On y met sur le terme "maîtriser" la notion de "préfrontalisation" (car les circuits neuronaux partant de ce territoire du cerveau sont essentiels à la globalisation, anticipation et prise de recul que vous décrivez). On arrive aux mêmes conclusions par des voies voisines : une fois de plus Assessfirst est à la pointe... Talent is vraiment everywhere, mais vous êtes sacrément bien servis !
Bien cordialement vôtre.
Rédigé par : Thierry Bouchart | 08/11/2011 à 12:19